Lorsque le sol est stable (dalle béton, terre stabilisée, gazon) et que la hauteur de seuil est comprise entre 11 et 30 cm, il est possible de poser la terrasse sur une structure légère prenant appui sur des plots plastique uniformément répartis. On emploie également cette technique dans le cas d’une pose sur étanchéité de toiture-terrasse. Ces plots sont réglables en hauteur et permettent de s’ajuster aux différences de dénivelé.
Certains peuvent être tentés de remplacer les plots en plastique par des parpaings creux standard, beau-coup moins chers. C’est une erreur à ne pas commettre pour plusieurs raisons : les possibilités d’ajustement en hauteur sont limitées, les parpaings creux sont relativement fragiles, la fixation de la solive sur le parpaing ne peut se faire de façon efficace. L’utilisation de parpaings pleins peut se concevoir à la limite mais l’ajustement en hauteur reste difficile et les parpaings ne sont pas des produits courants.
Les plots plastique
Ces produits sont désormais disponibles facilement, au moins en ce qui concerne les modèles courants. Les plots standards couvrent une hauteur de 50 mm à 200 mm. Mais il existe aussi des plots spécifiques pour une hauteur 41-60 mm, et d’autres pouvant monter jusqu’à une hauteur de 600 mm. Les plots supportent en général une charge de 1 Tonne chacun. Un plot couvre une certaine plage en hauteur, par exemple de 120 à 200 mm, qui est réglable en vissant / dévissant le manchon situé entre la tête et la base du plot. Le réglage de la hauteur peut être fait dans les dernières phases du chantier, même si les lambourdes ou solives sont déjà posées, car la tête et la base restent immobiles lors du vissage du manchon.
Pour poser, fixer une lambourde sur la tête, un kit d’adaptation est disponible. Mais à défaut, on peut s’en passer en cassant les languettes prévues pour la pose des dalles.
La fixation des lambourdes au plot n’est jamais très solide ; l’enveloppe en PVC n’étant pas très épaisse. De toute façon, les plots eux-mêmes ne sont pas fixés au sol. Il s’agit donc d’une pose flottante et la terrasse n’est en place que par son propre poids. Enfin, il est possible de monter un adaptateur de pente qui permet par exemple de monter une terrasse en bois bien à l’horizontale sur une dalle présentant une pente jusqu’à 5%.
Plus de plots ou plus de solives ?
Plus la section des solives est importante, plus la portée l’est aussi, et moins il y a besoin de plots. Paradoxalement, le volume de bois au m² décroît aussi avec la portée. Les deux diagrammes sur la page suivante permettent d’estimer le volume de bois ainsi que la quantité de plots nécessaires.
Mais alors, est-il préférable d’augmenter ou de réduire la portée ?
En augmentant la portée, on réduit le nombre de points de plots nécessaires ce qui simplifie la mise en œuvre. Cependant, les sections de solives étant plus importante, les efforts physiques à fournir seront un peu élevés. C’est un paramètre à prendre en compte en fonction des aptitudes physiques du poseur. Le second paramètre est le coût.
Est-il plus économique de multiplier le nombre de plot ou au contraire de le réduire ?
Le diagramme ci-dessous est une simulation qui permet de tirer deux conclusions brutes :
- Le coût au m² diminue si on augmente l’entraxe des solives.
- Diminuer la section des solives augmente la quantité de plots au m² mais permet également de diminuer les coûts.
Sur cette simulation, on a fait l’hypothèse d’un bois de structure à 800€ / m3 et d’un prix uni-taire de plot à 5 € / plot. Évidemment, il convient de refaire et d’adapter la simulation à vos propres conditions tarifaires.
En fait, on ne choisit pas de réduire ou d’augmenter l’entraxe car celui-ci est déterminé par le platelage. En revanche, pour un entraxe donné, il est préférable de diminuer la section des solives, c’est-à-dire augmenter le nombre de plots.
Bien sûr, ces résultats sont fonction du prix de revient du bois et des plots. Et la conclusion inverse est également possible. Si par exemple, vous pouvez obtenir du bois à très bon marché (votre petit frère travaille dans une scierie), le prix du plot va devenir prédominant et dans ce cas il sera peut-être préférable de diminuer le nombre de plots.
Pour estimer la solution optimum en fonction de votre situation, vous pouvez vous aider des deux diagrammes en page suivante. Encore mieux, utilisez la feuille de calcul ci-dessous. Elle produit le type de diagramme de la page précédente. Pour le coût optimal, il convient de repérer la partie basse de la courbe et d’en déduire la section des solives.
Conseils de mise en œuvre
Ce chapitre donne des informations spécifiques à la mise en œuvre sur dalle maçonnée. Le lecteur devra également se reporter aux conseils génériques de mise en œuvre applicables à tous types de terrasse (Tome 4).
Quel support, terre, béton ?
Les plots PVC peuvent être posés sur n’importe quel support du moment qu’il est stable. Évidemment, une dalle en béton ou carrelée est idéale mais on peut poser également sur la terre si le sol est stable et compacte. Dans ce dernier cas, il faut interposer un film géotextile qui empêche la repousse des végétaux indésirables et limite le reflux d’eau boueuse sur la structure bois.
Sur gazon, il est préférable de le supprimer au désherbant avant de commencer la pose. On ne sera ainsi pas gêné pour mettre les plots bien à plat.
La pose est également possible sur gravier si celui-ci est bien plan, sans possibilité de glissement.
Sur sable, la pose est plus risquée car un lit de sable n’est pas toujours bien stabilisé. Nous le déconseillons à moins de passer le rouleau compresseur.
Quelle(s) taille(s) de plot PVC ?
Il faut mesurer les hauteurs min et max entre le niveau fini de la future terrasse – par exemple le seuil d’une porte – et le sol naturel. Aidez-vous pour cela d’un niveau à bulle et d’une règle de maçon, ou d’un niveau laser. Déduisez de ces hauteurs l’épaisseur des lames et la hauteur d’une lambourde, vous obtenez les tailles min et max du plot à choisir. Vous aurez probablement plusieurs tailles de plots à acheter pour couvrir tous vos besoins.
Lambourde ou solive ?
Le terme « lambourde » est généralement employé pour une pose sur dalle, quand la lambourde est posée à plat sur un support rigide et qu’elle n’a qu’un rôle d’accrochage des fixations des lames. Le terme « solive » est employé lorsque la pièce a aussi un rôle structurel, si elle va supporter et travailler selon une charge. C’est le cas de la pose sur plot. Mais on peut être amené à acheter des lambourdes qui seront utilisées comme des solives.
Pour augmenter la portée de la solive (ou lambourde), et donc diminuer le nombre de plots, on dispose la solive avec le grand côté à la verticale. La solive est ainsi plus résistante, moins souple. Mais on peut aussi mettre la solive à l’horizontale, si on est un peu juste en hauteur disponible. On gagne ainsi quelques précieux centimètres. Mais dans ce dernier cas, il faudra rapprocher les plots. Les abaques et les calculatrices en ligne permettent de déterminer les portées selon les cas de figure.
Chronologie des étapes
- Vérifier la hauteur entre le niveau fini de la future terrasse et le sol naturel. Cette hauteur correspond au minimum à : épaisseur des lames de terrasse + hauteur des lambourdes + hauteur min. du plot PVC. Au besoin, décaisser pour obtenir une hauteur suffisante.
- Sur sol naturel, poser un film géotextile.
- Disposer rapidement les plots PVC sans chercher une grande précision.
- Pré percer les lambourdes selon l’écartement des plots.
- Poser les lambourdes et fixer-les sur les plots avec des vis à bois D6. A ce stade, il est possible que certains plots ne touchent pas le sol, à cause des défauts de rectitude des lambourdes. Au besoin, poser des objets lourds, tels que des parpaings en béton, pour asseoir la structure. - Effectuer une première mise à niveau grossière en vissant/dévissant les platines des plots PVC.
- Fixer des entretoises pour ajuster l’écartement entre les lambourdes et améliorer la cohésion de la structure.
- Fixer les lambourdes d’extrémité. A ce stade, il est possible que les défauts de rectitude des lambourdes soient compensés par les entretoises et les lambourdes d’extrémité.
- Ajuster finement la hauteur des plots PVC.
- Fixer les lames de terrasse.
- Poser les bandeaux de finition.
La lambourde d’extrémité
Il s’agit de la lambourde fixée aux extrémités des lambourdes, perpendiculairement. Elle est indispensable. Elle permet de solidifier la structure et d’ajuster les lambourdes au même niveau. Elle sert d’ancrage au bandeau de finition. Elle est faite avec une lambourde normale. Pour la fixer, on utilise des vis à bois à tête fraisée, de diamètre D6.
Les entretoises
Les entretoises permettent d’ajuster l’écartement entre les lambourdes et augmentent la cohésion d’ensemble de la structure. Bien souvent, elles autorisent le redressement de lambourdes un peu gauchies.
Le nombre et l’écartement des entretoises dépendent de la rectitude des lambourdes. Si les lambourdes sont fortement gauchies, on mettra plus d’entretoises. En général, une entretoise tous les 2m est un bon compromis.
On découpe les entretoises à la taille précise correspondant à l’écartement entre deux lambourdes, si possible à partir de chutes de lambourdes.
On dispose les entretoises en alternance, sans les aligner avec la rangée précédente
Autres renforts
On profite des chutes de lambourdes pour augmenter la solidité de certains assemblages. Par exemple aux aboutages, ce qui permet d’aligner deux lambourdes récalcitrantes.
Liaison avec une construction existante
La terrasse peut être réalisée à 100% avec des plots, désolidarisée de toute construction. Il n’y a pas besoin de réaliser de fixations à un bâtiment existant.
Les outils de calcul
Des exemples de terrasses sur plots PVC
Exclusif : une animation en 3D
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Une animation en 3D vous permet de visualiser les étapes de construction d’une terrasse sur plots PVC

































C’est mon mari qui a fait la terrasse. Le résultat est là et la terrasse est très belle.