Les différents paramètres à prendre en compte

Bruno Caillard

La durabilité

On appelle « durabilité naturelle » (norme NF EN 350) la capacité d’un bois à résister aux agents de destruction biologiques (insectes et champignons). Cette durabilité, qui est liée à la présence de certaines matières comme les tanins, varie selon les essences et l’humidité contenue dans le bois.

Cette durabilité peut également être acquise par un traitement chimique (injection sous pression par autoclave de produit chimique au cœur du bois) ou thermique (bois réticulé).

En fonction de la classe d’emploi liée à l’utilisation, on va être amené à orienter son choix en fonction de la durabilité de telle ou telle essence. Dans le Tableau récapitulatif des essences, nous donnons la classe de risque pour chaque essence utilisable en terrasse. Pour une terrasse en bois, nous sommes concernés pour les classes 3 et 4.

A noter qu’en fonction d’une classe d’emploi donnée, certains maîtres d’ouvrage choisissent une essence de classe supérieure. C’est absolument inutile. Le classement des essences en fonction de la classe d’emploi est justement là pour nous aider à effectuer un choix judicieux.

En général, les bois naturellement durables :

  • ne contiennent pas de matières putrescibles (l’aubier contient de l’amidon et des glucoses très appréciés des insectes xylophages,
  • et/ou contiennent des quantités importantes de résines (douglas, Mélèze), de résines huileuses (teck, eucalyptus), de tannins (chêne, châtaignier),
  • et/ou ont une densité élevée.

Des bois soumis à une humidité constante sont naturellement durables. Par exemple, l’aune, le chêne, l’orme complètement immergés dans l’eau douce peuvent durer plusieurs siècles. En atmosphère sèche sous abri, ils peuvent durer plusieurs millénaires (cf. les tombeaux égyptiens).

Esthétique (aspect)

L’esthétique d’une essence peut être appréciée selon divers facteurs : couleur, grain, présence de contrefil.

Dans le Tableau récapitulatif des essences, nous avons ajouté une colonne Aspect qui regroupe la couleur et l’aspect de surface :

  • La couleur correspond à la couleur du bois fraîchement coupé. Avec le temps, tous les bois virent naturellement vers le gris si aucun produit de traitement n’est appliqué.
  • Le second qualificatif correspond à l’aspect général du bois en surface. Un aspect « net » correspond à un bois au grain fin et sans contrefil. Un aspect « prononcé » correspond à un grain et/ou un contrefil important. Cela n’est pas un défaut esthétique en soi ; et c’est parfois une caractéristique appréciée.

Contrefil : le fil correspond au sens général des fibres du bois dans le sens longitudinal. Le contrefil correspond à la direction oblique du fil du bois. La présence de contrefil correspond à l’orientation variée des couches fibreuses successives. C’est une particularité surtout fréquente dans les bois tropicaux avec pour conséquences certaines difficultés d’usinage, notamment de rabotage. Après finition, l’alternance du fil et du contrefil donne des effets rubanés ou moirés recherchés.

Les caractéristiques mécaniques

Une multitude de paramètres déterminent les caractéristiques mécaniques d’une essence. Dans le Tableau récapitulatif des essences, nous avons sélectionné ceux qui ont un réel impact sur la mise en œuvre, l’usage ou la pérennité de la terrasse.

La flexibilité permet de déterminer l’écartement des lambourdes (cf. Part. 3 : Les structures). Plus le bois est flexible, plus il faudra rapprocher les lambourdes de façon à éviter une flexion importante des planches de platelage sous la charge.

La densité détermine si le bois est lourd ou léger. A noter que certains bois, plus dense que l’eau, ne flottent pas.

La stabilité est un des paramètres les plus importants. Une planche réalisée avec une essence instable aura une forte tendance à se voiler, à se déformer, même après la pose. Les fixations devront être de qualité maximum. Nous y reviendrons.

La dureté est la résistance du matériau au poinçonnement. Pour un usage en terrasse, il est bien sûr préférable d’utiliser des bois durs. La terrasse sera moins sujette aux rayures et autres petits bobos. Mais des planches de bois tendre peuvent convenir à un usage ponctuel et modéré.

Parfois, des fentes apparaissent aux extrémités des planches pendant le séchage. Cette tendance peut être plus ou moins importante selon les essences. Nous avons indiqué dans le Tableau récapitulatif des essences présentant un risque plus élevé que la moyenne.

Les gerces peuvent apparaître suite aux alternances d’humidité et de sécheresse, de gel et de chaleur. Le risque est indiqué par essence dans la tableau récapitulatif.

Facilité d’usinage

Les essences ont un effet désaffutant sur les outils plus ou moins prononcé. Généralement, un effet désaffutant élevé est lié à la présence de silice dans le bois. Dans le cas de la simple pose de lames pour une terrasse de taille modeste, ce paramètre est peu important. Il faudra simplement s’assurer que les outils sont bien affûtés. Mais dans le cas de la fabrication maison de lames ou de la construction d’une terrasse de grandes dimensions, l’emploi d’essence à effet désaffutant élevé nécessitera l’utilisation d’outils spéciaux au carbure.

Certaines essences de forte densité nécessitent un outillage de forte puissance. La présence de contrefil peut également rendre l’usinage difficile. Pendant le sciage dans le sens de la longueur (du fil) les deux parties séparées peuvent avoir tendance à se resserrer et coincer la lame de scie.

L’usinage de certaines essences, notamment dans les bois tropicaux, génère des poussières irritantes, allergènes, voire carrément cancérigènes. Sur chantier, le port d’un masque permet d’éviter d’inhaler les poussières, le port de gants évite le contact cutané. En atelier, l’usinage de planches maison nécessitera l’utilisation d’appareil d’extraction et de filtrage performants.

Dans le Tableau récapitulatif des essences, nous avons ajouté une colonne qui résume pour chaque essence la facilité d’usinage : facile, moyenne, difficile.

La disponibilité

Certes, le Tableau récapitulatif des essences démontre qu’il existe de nombreuses essences pouvant être employées en terrasse. Mais en fait, peu d’entre-elles sont facilement disponibles. Certaines sont même quasiment introuvables.

En France, on trouve très facilement des lames en pin autoclavé, Ipé, teck ou iroko, etc.

Nous avons distingué deux disponibilités :

  • La disponibilité des lames de platelage toutes faites,
  • La disponibilité de bois d’œuvre (avivé), pour ceux qui réaliseront leurs planches eux-mêmes.

Le prix

Enfin le prix est un autre paramètre à prendre en compte, bien évidemment. Les écarts entre les essences peuvent être très importants. On constate qu’il existe un lien évident entre la rareté d’une essence et son prix.
Nous n’avons pas donné un prix au m² car les écarts entre négociants, régions et selon les arrivages peuvent être très importants. Néanmoins, nous avons déterminé trois catégories :

  • A : bon marché
  • B : prix moyennement élevé
  • C : prix très élevé

Notons que les bois certifiés FSC ne sont pas forcément beaucoup plus chers que les bois non labellisés.

Enfin, il est important d’associer le prix à la durée de vie de l’ouvrage. Une économie apparente au départ, peut se révéler très couteuse si la terrasse doit être refaite au bout de quelques années, parce qu’elle a été réalisée avec des matériaux au rabais.

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