Le robinier, l’essence idéale ?

Bruno Caillard

Et enfin, voici le Roi des feuillus européens, le Robinier faux acacia ; que l’on appelle aussi le Teck européen (bien que n’ayant aucune parenté génétique avec le Teck des forêts tropicales). Celui-là mérite que l’on s’y attarde un peu.

Le Robinier est originaire d’Amérique du Nord. Il a été introduit en France en 1601 par Jean Robin, botaniste français. Il est aujourd’hui présent à l’état sauvage partout en Europe. Cette essence présente des qualités extraordinaires pour un bois européen. Tout d’abord, sa durabilité naturelle : ce bois présente une résistance à la pourriture et aux insectes xylophages tout à fait remarquable. Le robinier est utilisable en classe de risque 4. Pas étonnant qu’on l’utilise traditionnellement pour les piquets de clôtures, directement plantés en pleine terre. Certains témoignages relatent des durées de vie de plus de cinquante ans.

L’arbre lui-même pousse très vite et s’adapte dans tous les sols. Il peut atteindre 25 mètres de hauteur en moins de 30 ans. Son exploitation est des plus faciles. Les maladies sont rares.

L’accroissement annuel atteint 8 à 10 m3/hectare, soit l’équivalent d’un rendement d’une plantation en résineux. Ce bois possède un tel potentiel qu’il est planté massivement en Hongrie, soit 340 000 hectares (20% de la superficie boisée). La Hongrie produit 1 million de m3 de robinier chaque année.

En plus d’être naturellement durable, le bois possède d’excellentes propriétés mécaniques, légèrement supérieures à celles du Chêne. Il est très dur et très solide. D’un point de vue mécanique, son utilisation en terrasse est tout indiquée.

Aspect du bois de robinier grisé
Aspect du bois de robinier neuf


Alors, le robinier, un matériau de l’avenir ?

Très certainement. Mais en fait, cette essence présente quelques inconvénients qu’il faut connaître. Tout d’abord, c’est un bois très instable. La fixation des planches de robinier devra être donc extrêmement soignée et là les risques seront limités.

Deuxième inconvénient : le robinier est fissile. Pendant les cycles de ré humidification / séchage, les planches ont tendance à se fendre en leurs extrémités, notamment dans les premières années . Là, il n’y a pas grand-chose à faire. Pendant les deux premières années, il faut s’attendre à avoir quelques planches qui vont se fendre un peu exagérément. Il faudra alors les remplacer. Toutefois, le pourcentage de planches à remplacer sera faible.

Troisième inconvénient : de part la nature du tronc de l’arbre, il est difficile de trouver des planches faisant plus de deux mètres. Pour une terrasse de grande largeur, on va donc avoir de nombreux raccords en bout.

Quatrième inconvénient : bien que très présent un peu partout en Europe, c’est un bois qui n’est pas encore produit en sylviculture. Il est donc très rare en scierie et il n’existe pas de production industrielle de planches de terrasse. Avec beaucoup d’effort et quelques tuyaux, vous pourrez en trouver occasionnellement chez quelques artisans. Nous fournissons quelques adresses dans notre sélection d’artisans et d’entreprises.

Malgré ces inconvénients, le robinier constitue certainement le meilleur choix des écologistes convaincus. En prenant quelques précautions dans la mise en œuvre, notamment en soignant les fixations, on profitera d’une terrasse en robinier durant des dizaines d’années.

Feuilles et fleur du Robinier
(Auteur : J.J. Lelez)
Robinier faux-acacia âgé de 20 ans
(Auteur : Georges Jansoone)

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